Spectacle CCNR – Loom (chorégraphie Yuval Pick)

Chargement de la carte…

Date / Heure
Date(s) - 18/11/2015
18 h 30 min - 20 h 00 min

Emplacement
ESPE de l'académie de Lyon (Gymnase vert)

Catégories


[URIS id=1776]

Le processus de création de loom a suivi un cheminement particulier. Yuval Pick a construit la danse comme une partition de mouvement possédant son propre rythme. Ensuite il a inséré la musique de Nico Muhly comme une loupe qui révélerait des détails et des espaces précis.

CCNRLoom

crédit photo : Amandine Quillon

La structure musicale agit comme un déclencheur de la recherche de la musicalité du mouvement.

Yuval Pick a recherché un mouvement axé sur le centre du corps. Il a choisi comme point de départ les ondulations traversant le corps du danseur de l’extrémité d’un bras à l’autre, propres à l’electric boogaloo. Puis il en a effacé les ondulations des bras. Les actions périphériques sont écartées au profit de la recherche d’un moteur interne du mouvement ancré dans le torse et le bassin

Yuval Pick traite l’espace qui sépare les interprètes comme une donnée dynamique. Les corps, les présences et l’intention qui traverse le mouvement, contribuent à générer un espace élastique d’une matérialité presque palpable pour le spectateur. L’intervalle entre les interprètes est électrifié par le mouvement, avant d’être utilisé comme un appui qui permet de porter une torsion à l’ensemble de la scène.

Comme souvent, la question des interprètes est fondamentale pour Yuval Pick. Qu’il s’agisse d’Anna Massoni et Madoka Kobayashi pour qui il a créé la pièce, ou de Julie Charbonnier jeune virtuose issue du CNSMDP et de P.A.R.T.S., l’intensité de leur incarnation lui permet d’approfondir sa quête d’un geste artistique généreux et libre de toute concession.

Paroles de spectateurs :

Je me prête à l’exercice du commentaire du spectacle Loom. A votre grand dam car je ne vais pas être concise. Alertée la veille par une camarade de classe, je me suis rendue un peu à reculons au spectacle, ayant quelques à priori sur la danse contemporaine. Je suis novice en la matière, je n’ai vu que 2 spectacles de danse en tout et pour tout dans mon humble existence, dont un qui m’avait choqué (violence, sexe bref). Eh bien, j’ai été vraiment très surprise, agréablement, sur le spectacle. Notre professeur nous avait prévenus qu’il n’y avait pas forcément à chercher du sens dans la composition mais de se laisser porter. C’était mon parti pris. C’est ainsi que 2 danseurs (ses) se sont présentées sur scène, danseuses androgynes qui faisaient ainsi symboliquement disparaître la différence sexuelle entre homme et femme. Les corps ont commencé à onduler dans un jeu de questions réponses. Je me suis laissé prendre par le mouvement et dans ce dialogue de l’altérité. Finalement je n’ai pu m’empêcher de mettre du sens à ce que je voyais, mais à partir de mes émotions. L’une était tour à tour la prolongation de l’autre, le miroir dans lequel je reconnais l’autre comme étant un autre moi, mais l’autre est autre et est également l’initiatrice d’un mouvement différent. De 1 à 2 et de 2 à 1. La fusion. On ne savait plus qui était celle qui initiait le mouvement qui était repris. La respiration donnait l’impression à de nombreux instant que c’était une seule et même personne qui respirait. Déroutant.J’ai beaucoup aimé cette omniprésence de la respiration qui replace l’humain en son centre, L’homme est vivant parce qu’il respire. Tout part de son centre, de son ventre avait-on l’impression.Il y avait également cette notion d’exploration des possibles. La respiration était tantôt un battement de cœur, une musique, un rythme, un tempo, un mouvement bref… Comme le corps qui élastique, explorant également toute la surface de la scène, explorait également les limites de ses possibilités ? Le corps pouvait se tordre, se figer, se coucher, se relever, se bomber, comme la matière que l’on fait changer d’état (fondre, chauffe solidification). L’homme serait ainsi matière vivante ? Bref, ce spectacle m’a beaucoup plu.Il y eut ensuite l’interaction avec les danseuses et le chorégraphe. Apprendre comment est née l’œuvre, par cette idée première de respiration puis d’étoffement par la composition avec les danseuses. Réaliser que cette œuvre s’est construite, tout n’était pas écrit d’avance… Pas rassurant pour nos chers esprits rationnels et fanas du contrôle. Entendre les questions du public était également très riche ! Tous posaient des questions principalement sur le sens mais chacun y mettait de son altérité, « moi j’ai vu ceci là-dedans moi cela ».  Pour finalement se voir répondre … « tant mieux si cela a évoqué tel univers pour vous… mais de notre côté notre intention était juste d’explorer la respiration, le mouvement etc. » Bref pas de sens, juste la magie de la création et puis ce qu’on y met dedans.Tous différent tous les mêmes ? Temps d’arts a manifesté tout son sens cette soirée-là. Laurine

Personnellement je n’ai pas été en mesure d’apprécier à sa juste valeur le travail des danseuses. La mise en scène certes minimaliste m’a semblé manquer de relief, de pleins et de déliés et l’intervention régulière de la musique m’a paru artificielle. Les mouvements manquaient de nuance et de déplacements dans l’espace. Le parti pris de la respiration forcée n’apportait pas de réelle plus-value selon moi et a ajouté à mon incompréhension du propos. J’ai ressenti cette expérience comme pénible et laborieuse.
Hélène

Pas initiée à la danse contemporaine, j’ai eu beaucoup de mal à entrer dans la pièce. Si j’avais uniquement assisté au spectacle, j’aurais probablement eu la sensation d’avoir perdu mon temps, d’être passée à côté ! Mais j’ai beaucoup apprécié la discussion qui a suivi le spectacle. Je me suis rendue compte de l’importance d’avoir les codes quand on découvre un art nouveau. Les explications données par le chorégraphe m’ont aidées à mieux comprendre la pièce que je venais de voir. Elles m’ont aidé à entrer dans cet univers qui était opaque pour moi. Je suis donc finalement satisfaite de ma soirée, et contente d’avoir pu, grâce à l’ESPE, voir une pièce de danse contemporaine que je n’aurai probablement jamais été voir dans un autre contexte. Frédérique

Tension des corps , respirations omniprésentes, difficile à apprécier pour moi. Échanges ensuite intéressants. Corinne